Le pire et le meilleur

Publié le par Jean-Phi

Aujourd'hui, une petite anecdote qui vient de m'arriver.

Après un bon déjeuner avec Cordula, Lukas et Pauline, notre amie canadienne, je dis au-revoir et m’éclipse vers mes obligations professionnelles (être assis à mon bureau à 13:00). Evidemment, nous avions bien discuté et il ne me restait que de très courtes minutes avant l'heure fatidique (j’étais un peu pressé donc).
Résultat, pour traverser la grande avenue qui me séparait de mon bureau, je décide de faire fi du feu rouge (je sais, ce n'est pas bien, mais c'était un cas de force majeure).

Heureusement pour moi, le traffic n'est pas dense sur cette double 3 voies. Je m'engage sur la première partie et, ayant bien remarqué qu'un taxi arrive, je ne me dépêchais pas trop afin de laisser passer ce dernier. A ma grande surprise, dans ce pays de la calme perfection, le chauffeur non habitué à ce genre d'incursion pédestre, me klaxonna bien plus qu'il aurait été nécessaire pour couvrir le marteau-piqueur du chantier trois blocs plus loin. Son regard, quand il passa à ma hauteur, était chargé de reproches.
Hum. Je suis resté quelque peu perplexe par ce geste nerveux, bien que les manières allemandes m'y avaient habitué dans le passé. Etait-ce par crainte de me voir sauter sous ses roues (sûrement)? parce que j'étais Gaijin (sûrement aussi)?

Encore dans des réflexions désagréables, je finis de traverser la première partie de l'avenue et je fais une pause sur le terre-plein central. A ce moment-là, j'entend un petit bruit de roulettes derrière moi.
Une petite vieille, tout droit sortie d'un manga campagnard, toute courbée avec son petit caddy à legumes derrière, était en train de m'imiter ! Le feu était toujours rouge mais le taxi passé, ce côté de l'avenue était totalement vide. Normalement, les Japonais attendent quand même (et c'est bien mieux comme ça), mais elle, elle bravait le danger et suivait le gaijin ! De plus, quand elle arriva à mon niveau, elle me sourit !! Incroyable ça, non ?

Je ne savais vraiment plus quoi penser. Seule ma montre me disait qu'il fallait que je me dépêche si je ne voulais pas être envoyé au piquet par le maître faire mauvaise impression. J'attendis que la seconde partie de l'avenue soit vide et me lançai vers l'entrée de mon immeuble.
Arrivé à la moitié de la voie, j'entendis encore le bruit de roulettes derrière moi. Encore une fois, la petite vieille m'imitait, toute souriante, et se dirigeait comme moi vers la foule d'hommes en costume noir qui attendaient de l'autre côté.

Publié dans Tokyo

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escoub 13/12/2006 15:53

Un mélange délicieux d'insoumission, d'agressivité et de tendresse.On en revoudrait bien !

Jean-Phi 14/12/2006 08:56

Et bien, entre le commentaire de Marie qui me félicite sur mes photos et celui mon Père, sur mon style, je suis comblé. Il ne faudrait tout de même pas que j'aie les chevilles qui enflent vu la difficulté de trouver, ici, des chaussures à ma pointure!Ca va être difficile de garder le niveau...